Capital, entreprise et propriété privée
repères dans une économie mondialisée - extraits-

"L’entreprise ne peut être considérée seulement comme une société de capital ; elle est en même temps une société de personnes, une communauté de personnes. Le but de l’entreprise n’est pas uniquement la production du profit, mais l’existence même de l’entreprise comme communauté de personnes qui, de différentes manières, recherchent la satisfaction de leurs besoins fondamentaux et qui constituent un groupe particulier au service de la société tout entière". Encyclique Centesimus annus n°34, Jean Paul II, 1991.
Lorsque l’on aborde la question des rachats et fusions d’entreprises, rappelons ce principe fondamental : l’entreprise ne peut pas être considérée et traitée comme un bien semblable aux autres. Elle est "une communauté de personnes " rappelle avec force Jean-Paul II dans Centesimus annus . Malheureusement il y a un grand écart entre cette définition et la réalité. Pour la plupart, une entreprise est constituée d’un capital apporté par les actionnaires et une force de travail apportée par les salariés. Si elle était considérée comme une communauté de personnes, le devoir moral des dirigeants les conduirait à reconnaître aux salariés qu’ils sont partie prenante de l’accroissement de richesses de l’entreprise. Lorsque des rachats d’entreprises sont menés sans tenir compte des salariés ou quelquefois contre leur gré, se pose la question de leur légitimité morale et du respect des personnes. Les OPA , même amicales doivent viser plus de justesse éthique. Cela signifie que, même dans le cadre d’opérations qui par nature se déroulent dans un contexte de grande confidentialité, les dirigeants ont à inventer les moyens d’associer les salariés aux décisions prises, en les consultant et en les tenant informés du déroulement des transactions projetées.